Dimanche 11 septembre :
Le jour J est enfin arrivé. 11 h 30, le bon Patrice commence sa tournée de ramassage des montures à pédales et des cavaliers du guidon. Tout est fin prêt, dans les sacoches neuves (excepté celles de Gilbert un peu trouées par endroit) le barda est bien rangé, étiqueté, re-vérifié.
L’excitation du départ vers des contrées lointaines (390 km) et inconnues de nous est perfectible. Nous nous identifions quasiment à ceux qui ont traversé le Texas avec des chariots tirés par des bœufs. P....les chargements sont lourds. De 20 à 22 kg notamment pour François le forçat des médocs et des encas (merci à toi).
Après 4 H 30 de route, nous arrivons chez Henry dit "Aldo". Bon accueil, les bières sont fraîches. Nous nous restaurons bien hé oui ! en cas de roulis et tangage.
10 km pour rejoindre la gare maritime de Toulon avant la nuit. L'embarquement est prévue à 11 h 30 . Ca guidonne déjà, hé bé...
Mais p.... mais il va couler le ferry bo at avec autant de camions, de voitures, et de gens, hein les gars ! Prions frères et sœurs aventuriers !
Repérons les canots de sauvetage les plus prés de nos cabines.
Chaque jour l'un d'entre nous à la charge et la joie de résumer l'étape, alors vite passons au lendemain, si la coque du ferry bo at...
L'aventure commence.
Gilbert
Lundi 12 septembre Bastia-l'Ile Rousse 68 km
Premier jour de rando.
Il est 6 h 30 sur le bateau, et le coq chante. Après une bonne nuit de sommeil, une douche et un café, nous nous rendons sur le pont. C'est magique! Bastia est là, incrustée sur son île.
Allez, c'est l'heure, nous débarquons. Il fait doux et moite à 7h30mn, et un petit déj. est le bienvenu. Le serveur est peu loquace, même un peu bougon, mais 6 arvicyclos plein d'entrain et de bonne humeur en ont raison.
C'est parti, tout à droite. Grosse montée dans Bastia, parmi les voitures, pour rejoindre le col de Téghime, où Gilbert se fait une nouvelle fois remarquer. Imaginez-vous dans un col inconnu, entamant une discussion avec un homme et une femme venant de st Mâlo, et vous repartez en ayant fait la connaissance de votre cousine... Et oui, c'est vrai!
Après Téghime, nous montons encore. Il est 11h35mn, et nous cassons la croûte au belvédère qui surplombe le golfe de st Florent. 39 km de grimpette, ça creuse!
De nouveau sur nos montures, nous abordons le désert des Agriates, un paysage de maquis et de granites, avant de passer le col de Vezzu. Là, Patrice qui s'arrête pour prendre une photo a une grosse frayeur. Un premier camion le rase de très près, et le 2ème manque de le renverser. Ouf! c'est passé...
Les plages de Lozari et de Saleccia sont de pures merveilles pour nos yeux, et, plus loin, l'Ile Rousse est là, plantée dans l'eau avec son phare et sa tour génoise. C'est extraordinaire de beauté.
Il est 15h, le camping "les oliviers" nous accueille. Une pression réconforte nos corps suants et nos papilles asséchées. Nous montons nos tentes, faisons notre lessive, tout cela, dans la joie et la bonne humeur. La mer est là, au bout de chemin qui descend. Nous franchissons la barrière de rochers, et nous goûtons au plaisir de la nage dans une eau transparente, parmi de très beaux poissons.
Les estomacs réclament, le Proxi n'est pas loin. Ce soir, un riz sauce tomate, entre autre, est au menu. Repas terminé et vaisselle faite, il est 20h30mn, et chacun regagne sa tente.
Le lever est programmé pour 6h demain matin. Bonne nuit les arvicyclos....
Jeannette
mardi 13 septembre
6 h du matin, au camping des oliviers à Monticello, 6 arvicyclos, émergent de leurs tentes : première nuit sur la terre de Corse, et 1ère nuit sous la tente ................... !!c'est pas gagné !!!!
L'organisation du départ se fait, laborieusement,heureusement le petit dèj finit de nous réveiller. A 7h30 nous démarrons, traversée de l'isle Rousse (ursula Roussa)en direction de Calvi par une route nationale. Nous bifurquons rapidement sur une départementale qui part le col de Marchinello nous emmène à Galléria ! spectacle à couper le souffle : la tour Génoise qui s'avance dans la mer. nous pique-niquons au bord de l'eau, ensuite nous reprenons la route et le col de Palmarella pour atteindre par une route balcon la ville de Porto : féérie des paysages qui se succèdent. Enfin nous atteignons Porto, le camping, le bain de mer, le repas et le repos bien mérité : 8h30 de vélo, 110 km, ET de la dénivelée .... bonjour les ronfleurs !!!!
Babette
Mercredi 14 septembre Porto-vico 56 km.
Réveil 6h30 départ 8h15.
Après une bonne nuit réparatrice suite à la grosse journée d'hier, nous décidons aujourd'hui de faire une étape plus cool sous le signe de la récupération.
Nous quittons tranquillement Porto sous un soleil déjà bien présent sur une route en lacets bien ombragée. Au fil de la montée, la forêt de pins laisse la place à un paysage de falaises et rochers roses orangés surplombant la mer bleu turquoise. C'est magique ! Nous sommes dans les "calanches" de Piana. Nous traversons ce décor de rêve en profitant de chaque instant. Puis nous redescendons sur Piana petit village sympa et continuons vers Cargèse en faisant une petite pose "pâté" devenue habituelle et chère à Gilbert. Midi approchant à grand pas, nous décidons de faire une halte juste après Cargèse dans un champ à l'ombre d'un chêne vert à 2 pas de la mer dont l'accès ressemble plus à un parcours vtt que de randonnée !
Après une bonne restauration, une sieste et quelques blagues de François, nous repartons pour Sagone sous un soleil de plomb.
Nous contemplons, une dernière fois, la mer, avant d'attaquer la montée sur Vico de 12 km. Belle montée mais nos organismes souffrent de la chaleur. Arrivée à Vico à 17 h, épuisés, mais heureux : une bonne mousse nous attend suivie d'un cassoulet...(local).
Superbe journée!
Patrice.
Jeudi 15 septembre VICO - CORTE : 81 km
Départ 7 h .
Dés la sortie du camping, nous avons du mal pour démarrer car ça monte très fort et longtemps, jusqu'au col de SEVI (1101 m), des cochons gambadent au milieu des touristes quand soudain Gilbert rencontre un ami en moto (mais où les potes iront-ils pour se retrouver) que le monde est petit !
La route continue en descendant sur Cristinacce suivi d'une montée dans la forêt d'Aitone jusqu'au col de VERGIO (1467 m) une petite pause sur un doux coussin de mousse!!! et les amis (ies) rigolent

ensuite descente dans la forêt de Valdu-Niellu par la D84 où nous casse-croûtons au milieu des châtaigniers (menu : bol de salade et fromage triangulaire qui rit) après ce frugal repas direction Calcuccia avec une pause-café dans un bar dont le patron nous recommande le camping de son ami Bartho à Corte, puis descente vers le pont de Castirla (345 m), nous traversons Castirla pour franchir quelques kilomètres plus loin le col d'OMINANDA (654 m) sous la chaleur torride de l’après-midi, descente sur Corte, nous arrivons enfin chez Bartho, après l'installation du campement, un petit resto, conseillé par Bartho, nous accueille pour un repas corse bien réparateur puis dodo (entrecoupé de cauchemar du type 22x22 ou 22x26?).
Petite journée bien remplie!
François
Vendredi 16 septembre Corte-Solenzara
Départ 8 h beau temps ! Les fesses endolories nous voila repartis direction VENOCO, un petit bocca (col pour les non initiés) de 5 à 6 km pour se mettre en jambes. Arrivée à Venaco ; arrêt 20 mn, approvisionnement plus petit café. Ensuite Vivario direction le col de Sorba (alt. 804 m), bocca en travaux, fermé à la circulation. Col difficile, route en très mauvais état mais coup d œil agréable. Arrivés au sommet nous nous sommes restaurés suivie d'un petit café offert par des haut savoyards !
Les fesses reposées reprise direction Ghisoni, route en meilleur état ! Après Ghisoni nous avons poursuivi le long du défilé Strette suivi du défilé de l'Inzecco, direction st Antoine très beau paysage. Arrivés à St Antoine direction Ghisonaccia : Solenzara route banale voire dangereuse ; arrivée 17 h 30 environ au camping au bord de la plage. Etape difficile 80 km mais très sympa.
Amicalement
Henri.
Samedi 17 septembre Solenzara-Porto-Vecchio
6h30. Chacun entrouvre son abri portatif et premier regard sur la mer calme et sur l'horizon rougeoyant. C'est tout simplement beau. Pas le temps de s'attendrir, nous devons démonter, plier, ranger et seulement ensuite nous restaurer.
Nous sommes serein car la montée au col de Bavella (1218 m)de ce coté est plus facile, sois disant (grrrr !)
Le début est roulant, frais sur 3/4 km puis la pente se raidit franchement. Le visuel nous réconforte, pas de quoi s'inquiéter. Le groupe s'échelonne peu à peu. Arrivée au bocca di Larone (608 m). Des touristes nous félicitent de notre courage. Nous admirons le cirque majestueux des aiguilles de Bavella, domaine des grimpeurs, impressionnant. Chouette, il n'y a plus qu'à descendre !
Erreur ! un méchant monsieur nous avertit qu’après une descente de 4/5 km il va nous falloir remonter 12 km, avec un fort pourcentage pour atteindre le bocca di Bavedda (col de Bavella en français).
Nous repartons donc, le dénivelé est terrible. Nous avons juste la force de pédaler pour ne pas tomber de vélo. Il fait chaud, très chaud. Mes lunettes baissées font réservoir à la sueur. Plus haut des zones d'ombres (forêt de pins laricio)nous aident à progresser, nous bataillons rudement, à la limite de nos petits cœurs... et enfin le fameux bocca.1218 m de dénivelé ! Un col des plus dur de Corse ! (grrr) mais ça vaut vraiment le coup d’œil.
Patrice, trop costaud, a cassé 4 rayons à sa roue arrière. Elle est très voilée, prête à s'effondrer. Elle doit impérativement résister jusqu'à Porto Vecchio. 30 km avec en prime le bocca di Pelca et le bocca di Illarata (994 m. Le bitume est excellent. Youpi, elle a tenue ! Après une recherche dans 2 magasins, Patrice trouve 5 rayons. Un miracle que nous allons fêter a la pietra a la castagna( bière). Au menu du soir: paella, melon et 2 bouteilles de vin du terroir. A votre santé ! Qu'elle journée d'inoubliables efforts et de beauté !
Gilbert
Dimanche 18 septembre Porto-Vecchio - Bonifacio 6ème jour de rando 81km
Il est 7h et le coq chante. Le rituel du matin est maintenant bien rôdé: démontage des tentes, réfection du paquetage, p'tit déj, p'tit brin de toilette, ajustement du paquetage sur les vélos, puis départ.
Nous prenons la route des plages, afin de nous rendre à celle de Palombaggia. Nous traversons Porto-Vecchio. Le port, déjà bien emprunté par les voitures est là, fidèle aux cartes postales, sur notre gauche, avec ses bâteaux.
La côte, dentelée, est superbe, un mélange de vert (végétation), de rose (roche), et de bleu (la mer et le ciel), le tout, inondé de soleil. Et ça monte...et ça descend...
Palombaggia, à gauche... Nous descendons, par le camping, avant d'emprunter un chemin difficile, dans le sable, pour arriver à la plage. Là, parasols, transats et cabanons sont installés. Ce n'est pas ce que nous attendons. Nous repartons, nous nous arrêterons plus loin...
Et ça monte...et ça descend...Une impasse nous laisse à penser que la mer est là, en bas. Nous entamons une descente dangereuse sur 200m. Il faut se rendre à l'évidence, la mer n'est pas là. Il est 12h, nous mangeons, assis sur le muret de pierres, et nous sommes bien.
Nous reprenons notre périple par la nationale où nous croisons une vache, morte, sur le bas côté de la route.
Et ça monte... et ça descend...
Un petit arrêt "confort" pour nos séants qui n'en peuvent plus est apprécié de tous.
Et ça monte... et ça descend... et ça descend... et Bonifacio se montre, enfin, avec son port, "bouché" par un imposant yacht russe aux cuivres rutilants.
Le camping le plus proche est le bienvenu. Nous nous installons, puis, retour à pieds à Bonifacio où la pietra (bière locale), réconforte nos gosiers. Nous grimpons les marches qui conduisent à la citadelle. C'est extraordinaire! Une ville dans la ville, avec ses magasins, ses habitants, tout un patrimoine dans son jus... et, de part et d'autre, la mer bleue, avec ses criques et ses bâteaux. C'est superbe!
C'est décidé, nous y dînerons. Et, après quelque moules-frites, calamars, et autres plats, nous rentrons nous coucher. Demain sera un autre jour...
Un merci tout particulier à Henri pour nous avoir servi de guide lors de la visite de la citadelle.
A demain les Arvicyclos.
Jeannette
Lundi 19 septembre Bonifacio-Propriano 68 km
Départ 8h10, dernière étape du périple(snif!) ; nous partons de Bonifacio sous un ciel assez chargé et menaçant. Le vent ayant soufflé toute la nuit annonce une journée difficile.
Nous longeons le Golfe de Vetilegne pour remonter sur Sartène. La route devient de plus en plus difficile et dangereuse non par le dénivelé mais par les rafales de vent latérales très fortes rendant nos montures incontrôlables et nous obligeant de s'arrêter par moment.
Après plusieurs frayeurs, nous faisons une petite pose café à Pianotolli-Caldarello pour nous remettre de nos émotions. La journée se poursuivra dans le même ton avec alternance de pluie, de soleil et de grosses rafales de vent (jusqu'à 100 km/h) mais le moral est toujours bon. Babette armée de son puncho va même aller attaquer Gilbert dans une montée assez raide. Infatiguable!
Petit arrêt photo au Bocca du Lion (rocher dans la mer en forme de lion) et nous continuons jusqu'à Sartène pour une pose casse-croûte en vitesse entre 2 averses sur un parking à l'abri du vent. Puis nous repartons pour Propriano impatients de trouver un camping, de planter la tente et de prendre une bonne douche chaude.
Journée assez difficile et éprouvante mais nous sommes tous là, ravis d'avoir atteint notre but.
Patrice
Mardi 20 septembre Propriano
Dernière escale en terre Corse, le bateau part à 19h30.
Belle météo. Nous avons le temps de musarder à Propriano, mais auparavant, Babette tient à rendre visite à une connaissance: Jeff Nicolier originaire du Verneil. Jeff est tourneur pipier dans le beau village de montagne de Fozzano, situé à 12 km.
Vamos, nous l'accompagnons mais cette fois sans nos sacoches. Nous sommes déconcertés par la légèreté de nos bécanes. Nous sommes nus, il nous manque quelque chose sur notre porte bagage !
Intermède culturel: C'est à Fozzano, comme chacun le sait, mais rappelons le tout de même, que le célèbre écrivain, MERIMEE Prosper, a écrit le récit vécu d'une vendetta "Colomba". Rappelez vous, les anciens, du film. le tombeau de Mme Colomba est érigé en ce lieu.
Jeff nous accueille dans son atelier. Nous écoutons avec avidité la fabrication des pipes de bruyère, stylos... Un véritable artiste ce savoyard, corse depuis 30 années. Très intéressant et instructif, alors si vous passez par là...
http://www.legnunustrale.com , tél. 04 95 73 47 57.
Retour à Propriano, (attention aux tortues...). nous rangeons pour la dernière fois notre bazar (sniff...) et profitons du port pour manger et boire quelques pietra. Nous sommes cool, fier du chemin parcouru, de notre solidarité, de notre pari tenu.
18h30 Un ferry-boat, un peu rouillé arrive. Nous assistons à la descente d'un rallye de voitures anciennes (des Kallistes) sous les vivats d'un joyeux groupe de filles de Grenoble. Bonne ambiance. Hein Henry !
Vamos c'est parti ! A nous Marseille
Gilbert
Mercredi 21 septembre Marseille - la Seyne sur Mer
Imaginez, chers arvicyclos et autres, 6 v.u.l.n.m. (vélo ultra lourd non motorisé) débarquant du port et cherchant à traverser Marseille d'ouest en est. C'est l'apothéose de notre pérégrination u corsica. Le redémarrage en cote parmi la circulation est digne des albatros ! Il faut pousser d'une jambe pour prendre suffisamment de vitesse afin de décoller. A voir...l'obélisque au pied du col de la Gineste a été notre récompense.
70 km pour rejoindre La Seyne/Mer. La route n'est pas plate et il nous a fallu pédaler et pédaler. C'est le propre du cyclo campeur et nous le sommes, nous le confirmons. 715 km, une dizaine de cols, et disons 10000 m de dénivelé au bas mot et même pas fatigués. Prêt à repartir ? évidemment. Nous y pensons déjà. Nous avons des souvenirs pleins la tête et il nous est difficile d'exprimer par des mots toutes les sensations, émotions, joies, regards de l'ile de beauté, la bien nommée.
Merci à Patrice de nous avoir amené à bon port.
La conclusion appartient à Babette.
C'était une bande de 6 Arvicyclos, séduits par les récits de Gilbert qui décide de visiter la Corse "façon Gilbert". C'est l'histoire d'une belle amitié, d'une belle entraide pendant 10 jours qui nous a permis de réussir notre projet, pas gagné d'avance.
Bravo à Gilbert qui nous a bien briffé avant le départ, à Jeannette pour sa ténacité, à Henri - Aldo - qui nous a bien fait rire, à François pour son paquetage le plus lourd, à Patrice pour sa force tranquille.
Babette